Cet article est un peu le boss final de la diététique.
Dans le sens où je trouve intéressant de s’intéresser à ce type de recherches, mais plutôt après avoir mis en place les gestes alimentaires dont les bénéfices sont déjà largement établis.
Sinon, c’est un peu comme chercher comment terminer le sommet d’une pyramide avant d’avoir construit sa base : c’est intéressant, mais pas forcément très efficient.
La science évolue en permanence. Des chercheurs proposent de nouvelles pistes, qui seront ensuite confirmées, nuancées… ou abandonnées.
C’est dans cet esprit que je voulais vous parler de The Longevity Diet, le « régime de longévité » proposé par Valter Longo, chercheur spécialisé dans le vieillissement et directeur du Longevity Institute de l’Université de Californie du Sud.
L’ensemble de cette approche ne correspond pas aujourd’hui aux recommandations alimentaires françaises. Mais justement : voyons ce qu’il propose, ce qui ressemble déjà à nos recommandations… et ce qui va beaucoup plus loin !
1. Une alimentation très majoritairement végétale
Ce que je retiens du régime
Longo propose une alimentation principalement végétale, avec légumes, légumineuses, céréales complètes, noix et huile d’olive, complétée notamment par du poisson, au maximum deux à trois fois par semaine.
Mon avis
On est finalement dans une direction déjà présente dans les recommandations françaises : davantage de végétaux, de légumes secs et de céréales complètes, et moins de viande.
Mais Longo pousse clairement le curseur plus loin dans la végétalisation !
2. Des protéines modérées et adaptées à l’âge
Ce que je retiens du régime
Avant 65 ans, Longo recommande environ 0,68 à 0,79 g de protéines/kg/jour, avec une large place aux protéines végétales.
Après 65 ans, il recommande d’augmenter progressivement les protéines, notamment pour préserver la masse musculaire. Son exemple pour une personne âgée de 63 kg qui perd de la masse maigre est d’environ 63 g de protéines par jour, soit 1 g/kg.
Mon avis
Là encore, les recommandations françaises incitent déjà à limiter certaines viandes et à varier les sources de protéines.
Longo va cependant plus loin dans la réduction des protéines animales chez l’adulte jeune.
3. Peu de sucres, peu de graisses saturées et beaucoup d’aliments peu transformés
Ce que je retiens du régime
Longo recommande de minimiser les sucres et les graisses saturées et de privilégier les légumes, céréales complètes, huile d’olive, noix et autres sources de bonnes graisses.
Mon avis
Là, franchement, on retrouve largement l’esprit des recommandations françaises actuelles.
Pas vraiment de révolution donc : et c’est justement un bon rappel que beaucoup de « stratégies de longévité » commencent par des choses très classiques.
On notera donc, sans grande surprise, que tout le monde semble à peu près d’accord sur un point : en matière de produits ultra-transformés de faible qualité nutritionnelle, leur goût est souvent bien meilleur que leur intérêt nutritionnel ! Espérons donc que les gouvernements, notamment français, arrivent progressivement à limiter la place prise par cette marée de produits dans notre quotidien.
4. Manger sur une période d’environ 12 heures
Ce que je retiens du régime
Longo recommande de concentrer les prises alimentaires dans une fenêtre d’environ 12 heures, par exemple de 8 h à 20 h, et d’éviter de manger dans les trois à quatre heures avant le coucher. Valter Longo
Mon avis
Tout ce que j’ai pu lire à ce sujet est cohérent. On est dans tous les cas très loin d’un jeûne extrême : cela correspond surtout à conserver une vraie pause alimentaire nocturne.
5. Le jeûne imitant : là, le « boss final » apparaît vraiment
Ce que je retiens du régime
Longo a développé le Fasting Mimicking Diet (FMD) : une alimentation particulière de cinq jours conçue pour reproduire certains effets du jeûne tout en continuant à manger.
Dans The Longevity Diet, il l’associe à son alimentation quotidienne, avec environ trois à quatre cycles par an.
Mon avis
Là, nous ne sommes plus simplement dans « plus de légumes, moins de viande et de produits transformés », mais dans une pratique spécifique qui ne fait pas partie des recommandations alimentaires françaises courantes.
Je trouve les recherches intéressantes, mais la prudence semblerait nécessaire. D’autant que Longo lui-même insiste, dans le cadre de maladies notamment, sur la nécessité d’un accord du spécialiste et d’un suivi par un professionnel compétent en jeûne/FMD.
6. Et le reste du mode de vie
Longo ne parle pas uniquement d’alimentation : son approche s’accompagne notamment d’activité physique et d’autres habitudes visant à préserver la santé avec l’âge.
Et là encore, rien d’exotique : prendre soin de son alimentation sans regarder le reste de son mode de vie aurait assez peu de sens.
Quels bénéfices recherche-t-il ?
Le livre présente notamment comme objectifs une réduction de la graisse abdominale, une meilleure santé métabolique, la prévention de la perte musculaire et osseuse liée à l’âge et, plus largement, une augmentation de la durée de vie en bonne santé.
Alors, faut-il essayer ?
Je trouvais surtout intéressant de vous présenter cette approche parce qu’elle permet de voir ce qu’explore actuellement une partie de la recherche sur la longévité.
Mais revenons à notre boss final.
Avant de chercher à optimiser notre longévité grâce à un protocole très particulier, regardons déjà si les fondations sont présentes : une alimentation suffisamment végétale et variée, peu de produits ultra-transformés, une activité physique adaptée, un sommeil correct…
Si ce n’est pas le cas, il y a probablement déjà énormément à gagner là.
Et si vous souhaitez ensuite expérimenter quelque chose de plus avancé, notamment le FMD, libre à vous bien sûr — mais je vous conseillerais vraiment de vous faire accompagner, afin de vérifier que cela convient à votre état de santé et que l’ensemble de votre alimentation continue à couvrir correctement vos besoins.
Avant de poser la dernière pierre de la pyramide, assurons-nous donc que sa base est solide.

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